Témoignage de Pierre Fève du 24 Juin 1973
Mon père me racontait que quand il était jeune, il allait pêcher les perles dans la Vologne. Le jeudi, à la belle saison, ou bien pendant les grandes vacances, il partait avec les autres garçons du village de Docelles, jusqu’à Deycimont.

Dans la grande rivière qui coulait dans les prés, sur le sable, il y avait des moules. On aurait cru que le fond du ruisseau en était pavé, des cents, des milles qu’il y en avait. Dans ces moules-là, on trouve des perles blanches azurées ; souvent des petites, parfois des grosses, c’était la chance qui décidait…

Depuis des centaines d’années, les gens du coin pêchaient les perles pour les vendre aux riches. Les belles dames avaient toutes des colliers du temps de Stanislas, à Lunéville et à Nancy.

Dans la Vologne, de Docelles à Laveline-devant-Bruyères, et dans la Neune, jusqu’à la Chapelle, on pêchait les moules. Il y avait une garde du Seigneur qui était dure : il fallait payer pour pêcher et donner les plus belles perles.

Les garçons et mon père se mettaient à ramasser les moules. Avec leur couteau, ils ouvraient les coquilles pour regarder dedans. Ils bricolaient les bêtes.

Quand ils trouvaient une perle, ils la mettaient dans leur poche. Après ils lançaient bien loin la pauvre moule dans la rivière. Là, elle revivait ou bien elle crevait. Ce n’était pas un grand soin pour elles… Il y en avait tellement !

Le soir, les enfants rapportaient leurs perles à la maison pour aller les vendre au bijoutier du coin pour quelques sous. Ils s’achetaient des bonbons ou bien des billes !

Aujourd’hui, la Vologne a bien sûr perdu ses moules et ses perles avec. L’eau est empoisonnée… Je ne peux pas dire s’il y en a encore. Quel dommage !
Merci à André Touchet pour nous avoir donner la traduction !
Le Lavelinois
Source : Pierre Fève, Annonces des Hautes-Vosges (24/06/1973)






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